Description
What exactly do you do for an encore? » Cette question, présente dans les paroles de la chanson-titre de « This Is Hardcore » et utilisée par Pulp pour teaser son retour à l’automne dernier, le groupe a dû s’arracher les cheveux pour y répondre en 1996 après le succès retentissant de « Different Class ».
Sorti à la fin de l’année précédente, le cinquième album de Pulp a en effet permis à la bande à Jarvis Cocker de devenir à son tour des stars de la Britpop, à égalité avec les mastodontes qu’étaient Blur, Suede et Oasis.
Après être resté dans un anonymat relatif pendant quasiment quinze ans, le groupe de Sheffield avait certes déjà commencé à changer de dimension en signant sur le mythique label Island Records en 1992, sur lequel était sorti rapidement un premier très grand album, « His ‘n’ Hers » (1994).
Mais « Different Class » porte bien son nom : Jarvis Cocker réalise son rêve d’enfance de passer dans l’émission Top of the Pops et devient une rockstar, une vraie, adulée par toute la jeunesse d’un pays qui craque pour son humour ravageur et son physique charmeur de grand dandy dégingandé.
Il peut se permettre des folies – comme monter sur scène sans autorisation pendant un show de Michael Jackson aux Brit Awards en 1996 – et comme tant d’autres avant lui, il est consumé par tous les excès de la célébrité et traqué par les fans comme par les tabloïds, au point d’effrayer sa célèbre copine de l’époque, la it girl Chloë Sevigny.
Accro à la cocaïne, le leader de Pulp se réveille de cette période mouvementée avec une sérieuse gueule de bois vis-à-vis du succès si longtemps convoité, mais aussi de la Britpop, une étiquette qui a toujours été beaucoup trop restrictive pour son groupe.
Comme beaucoup de grands artistes avant et après lui, Cocker fait donc le choix conscient ou non de la difficulté pour l’album suivant, qui va comme l’album éponyme de Blur (1997) sonner le glas du mouvement dans lequel Oasis reste alors embourbé.
Le grand public a envie de danser sur des tubes malins qui pulsent comme Disco 2000 et Common People ? Pulp va lui donner tout le contraire, avec un album très orchestré et lourdement influencé par le courant arty du glam rock qui faisait fureur au Royaume-Uni au début des années 1970, en particulier David Bowie et Roxy Music.
Pulp renouvelle d’ailleurs sa confiance au légendaire producteur Chris Thomas, déjà à l’œuvre sur le miracle « Different Class », et qui fut aux manettes sur les albums de tant de légendes de la pop britannique, de Pink Floyd sur « The Dark Side of the Moon » aux classiques de Roxy Music donc.
(source : Jack)





