Description
Le morceau « If 6 Was 9 » de Jimi Hendrix, célèbre pour son utilisation dans le film de 1969 Easy Rider, proclame :
“Now if six turned out to be nine
I don’t mind, I don’t mind,
If all the hippies cut off all their hair
Oh, I don’t care, oh, I don’t care
‘Cause I got my own world to live through
And I ain’t gonna copy you”
En mettant le feu à sa guitare et en la brisant en morceaux comme pour exprimer la méfiance, la confusion et la douleur ressenties par les jeunes de l’époque, Jimi Hendrix incarnait une forme de musique totalement différente de l’industrie musicale existante — une musique qui affirmait sa liberté selon ses propres règles.
Ce qui me frappe encore aujourd’hui, c’est que le rock de la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1970 reste le plus captivant — qu’il soit occidental ou japonais. Au milieu des années 1960, des groupes britanniques comme The Beatles et The Rolling Stones ont conquis la planète, tandis qu’aux États-Unis Bob Dylan troquait sa guitare folk pour une guitare électrique, déclenchant le mouvement folk-rock. De cette nouvelle énergie portée par la jeunesse britannique et américaine — mêlée à la culture hippie, aux drogues et à l’élan radical du mouvement contre la guerre du Vietnam — est née une extraordinaire production de rock, ouvrant la voie à ce qui deviendrait l’âge d’or du rock dans les années 1970. Au Japon, à partir de 1968 environ, les maisons de disques ont commencé à regrouper ces sons sous l’étiquette « New Rock », faisant découvrir au public japonais les disques de rock occidental publiés au Japon.
À cette époque, le Japon était en plein boom du GS (Group Sounds) — un style qui fusionnait la musique japonaise kayōkyoku et le rock occidental. Mais doté d’un sens de l’anticipation rare, le chanteur et producteur Yuya Uchida découvrit cette nouvelle vague révolutionnaire de rock lors de ses voyages en Europe à partir du printemps 1967. De retour au Japon, il forma Yuya Uchida & The Flowers. Leur son déjanté — guitare steel passée dans des pédales wah-wah et fuzz — les distinguait radicalement des groupes GS conventionnels. D’autres groupes ajoutaient aussi des morceaux de rock britannique et américain à leur répertoire, mais comme leurs concerts et leurs sorties restaient fondamentalement liés aux structures de l’industrie du divertissement japonaise, la plupart n’eurent guère d’options lorsque le boom GS s’essouffla : soit ils s’orientaient vers une voie strictement kayōkyoku, soit ils se séparaient.
Malgré cela, en 1970, The Flowers, désormais rejoints par Joe Yamanaka, ancien du groupe 4.9.1, et Hideki Ishima, ancien de The Beavers, prirent le nom de Flower Travellin’ Band et réussirent à se faire remarquer à l’étranger. Parallèlement, d’autres musiciens clés issus de la génération GS — dont Shigeru Narumo (The Fingers) et Hiro Yanagida (The Floral) — luttaient pour établir une forme de rock véritablement japonaise. Dans le même temps, une musique folk portée par de jeunes artistes anti-conformistes commençait à émerger de la scène underground et influençait progressivement le courant dominant. En conséquence, les maisons de disques lancèrent les unes après les autres des labels dédiés au rock et au folk, marquant un tournant majeur dans l’industrie.
En 1972, Nippon Columbia lança son premier label entièrement consacré au rock et au folk, Propeller, publiant une série de titres avant-gardistes d’artistes comme Hiroshi Segawa (ancien de The Dynamites) et Tetsu Yamauchi, jusque-là musicien de session très actif sur la scène. Influencés par des groupes de la fin des années 1960 comme Blood, Sweat & Tears et Chicago, les musiciens de jazz japonais commencèrent eux aussi à intégrer audacieusement des éléments rock dans leur musique. En conséquence, de nombreux disques de cette période sont aujourd’hui devenus des classiques très recherchés de la scène rare groove.
Par-dessus tout, cette compilation a été sélectionnée pour vous permettre de découvrir les sons libres, novateurs et profondément expérimentaux créés par des musiciens japonais dont la passion rivalisait avec celle de leurs homologues britanniques et américains. Plus de cinquante ans plus tard, les morceaux réunis dans cette compilation conservent une fraîcheur étonnante, produisant encore le même effet de surprise et d’impact qu’au moment de leur sortie!
SIDE A
A1 – Hideki Ishima – Depending By The Time (6’54”)
A2 – Far East Family Band – Birds Flying To The Cave Down To The Earth (4’30”)
A3 – Takeshi Inomata & Sound L.T.D. – Black Angel (3’52”)
A4 – Tetsu Yamauchi – Wiki Wiki (3’54”)
SIDE B
B1 – Flower Travellin’ Band & Terumasa Hino Quintet – Dhoop (3’53”)
B2 – Blues Creation – Atomic Bombs Away (5’30”)
B3 – Kimio Mizutani & The Better – I Wanna Be Your Man (3’05”)
B4 – Hiroshi Segawa – White Room Where We Lived (3’07”)
B5 – Yuya Uchida & The Flowers – Summertime (3’54”)


