Description
Ce nouvel opus du groupe met davantage en avant ses influences issues des bandes originales du cinéma hindi d’époque : des titres comme « Chump Change », « The Hoverfly » et « RAMMM » s’inséreraient parfaitement dans une partition de R.D. Burman, chacun offrant une fusion insolite de genres, des percussions entraînantes, des modes classiques et une touche funk affirmée.
L’album explore également une palette de tempos et d’ambiances variés, allant de la lenteur fiévreuse et mélancolique de « Good Falcon » — évoquant Johnny Guitar Watson — jusqu’au rythme « four-to-the-floor » nonchalant de « Last Dance Saloon ». Ce dernier morceau met en garde, avec lyrisme, contre la saturation numérique de notre monde envahi par les réseaux sociaux et évoque ces « mini-monolithes » nichés au creux de nos mains qui, à la manière de Kubrick, menacent d’engloutir notre espèce tout entière dans leurs abysses d’un noir absolu.
Enfin, se révélant tel un morceau savoureux de « space disco » 8-bits lo-fi et déstructuré, « Mojave Desert » adopte une allure nonchalante (« slacker-strut »). Le titre mêle voix filtrées (effet téléphone), guitares dub, synthés cosmiques au son sec et orgue Farfisa futuriste, le tout porté par une ligne de basse à la croisée de l’acid-jazz et du post-punk. La chanson est autobiographique : elle relate une virée sur la route « 29 Palms Highway », évoquant une échappée belle loin de la Cité des Anges — pourtant toute proche — vers l’immensité austère et psychédélique du désert.
Cet album est riche en nuances et en découvertes ; l’idéal est donc de lui consacrer quarante minutes dans une pièce confortable à la lumière tamisée, les yeux fermés et peut-être un cognac à la main, pour s’immerger pleinement dans ses grooves aux sonorités funk ésotériques et aux horizons vastes.





