Description
Depuis plus de quarante ans, le guitariste Marc Ribot a bâti sa carrière en refusant de se cantonner à un seul registre. Il navigue sans cesse entre le jazz, le rock, la « No Wave », la chanson, la guitare solo, la musique de film, la musique cubaine et l’improvisation libre, laissant à chaque fois une empreinte indélébile sur tout ce qu’il touche.
Avec *Hurry Red Telephone*, Ribot signe son premier album entièrement instrumental depuis *Live at the Village Vanguard* (2014) — un disque salué par la critique, auquel participaient le batteur Chad Taylor et le regretté contrebassiste Henry Grimes. Il retrouve ici Chad Taylor au sein d’une formation éponyme, enregistrée lors de deux sessions distinctes : la première avec les saxophonistes ténors James Brandon Lewis et Brian Settles, accompagnés du contrebassiste Hilliard Greene ; la seconde avec le saxophoniste alto Briggan Krauss et le contrebassiste Sebastian Steinberg (un collaborateur de longue date, présent notamment sur le projet *Shrek* et d’autres expérimentations de Ribot au début des années 1990).
L’album propose quatre compositions originales de Ribot ainsi que deux pièces du guitariste et compositeur haïtien Frantz Casséus — professeur de guitare de Ribot et influence musicale durable. Ces interprétations révèlent les facettes les plus marquantes du talent de Ribot : tour à tour imprévisible, lyrique, rugueux, plein d’humour et profondément expressif. Le nom du groupe est tiré d’un vers du poème « Several Tremendous » de Richard Siken, qui décrit les efforts du poète pour retrouver sa capacité à écrire et à parler après qu’un accident vasculaire cérébral l’en a privé. C’est une métaphore pertinente pour illustrer la quête de Ribot : celle d’un langage qui reconstruit la musique depuis ses fondations.
La formule en quartet offre à Ribot et à ses partenaires la liberté nécessaire pour y parvenir ; ils poursuivent ainsi le dialogue improvisé entamé par Ribot et Chad Taylor, tout en rendant hommage aux racines « No Wave » et « free jazz » du guitariste.
La basse et la batterie assurent à la fois la propulsion et la résistance, tandis que Lewis, Settles et Krauss — parmi les saxophonistes les plus remarquables de la scène actuelle — apportent leurs voix singulières à cet échange. La musique est composée, mais jamais enfermée dans un cadre rigide ; ses structures servent de tremplins à l’improvisation. Le résultat est une véritable prouesse : une musique viscérale, exubérante et profondément jubilatoire.





