Description
Ziad Rahbani, disparu en 2025, demeure l’une des figures les plus influentes de la musique arabe moderne et une véritable icône culturelle au Liban. Musicien, compositeur, pianiste, producteur et dramaturge, il a contribué à moderniser la musique arabe pendant plus de cinq décennies. Fils du compositeur Assi Rahbani et de la chanteuse Fairuz, il a marqué les enregistrements de cette dernière à la fin des années 70 et dans les années 80, produisant notamment des albums tels que Wahdon et Maarifti Feek, tout en développant une carrière solo majeure avec des classiques comme Abu Ali et Houdou Nisbi, devenus au fil du temps des références pour une nouvelle génération de DJs et de mélomanes. Paru au Liban en 1985, Ana Moush Kafer figure parmi ses réalisations les plus marquante.. Enregistré dans son studio By-Pass à Beyrouth en pleine
guerre civile libanaise, l’album mêle traditions mélodiques arabes, jazz-funk, bossa nova et arrangements occidentaux modernes. Initialement disponible sur cassette uniquement, l’album est devenu l’un des disques les plus admirés de sa discographie.
Tout au long de l’album, son ’écriture reflète les turbulences du Beyrouth de l’époque à travers un subtil mélange d’observation sociale, de satire politique et de mélancolie. Il témoigne d’un moment unique de l’histoire culturelle libanaise où expérimentation, satire et chanson populaire se rejoignent, expliquant ainsi son influence durable auprès des amateurs de musique. Interprété par Ziad Rahbani et Sami Hawat, entourés de musiciens de la scène de Beyrouth, l’album fait dialoguer instruments occidentaux et instruments traditionnels arabes. Il associe des arrangements raffinés à une écriture empreinte d’ironie, de critique sociale et de réflexion politique, des thèmes qui résonnent aujourd’hui encore avec une force particulière au Liban. Parmi les temps forts de l’album figure « Shou A’ada Ma Bada », sur des paroles de Joseph Harb, qui illustre l’amour de Rahbani pour la musique brésilienne à travers une élégante influence bossa nova. Le titre de clôture, « Al Mokawama Al Watania Al Lobnani », propose quant à lui une vision profondément humaine de la guerre, loin des clichés patriotiques, privilégiant une perspective nuancée ancrée dans l’expérience vécue. Quarante ans après sa sortie, Ana Moush Kafer demeure une œuvre majeure de la musique arabe. Wewantsounds le réédite aujourd’hui pour la toute première fois en vinyle, dans une version remasterisée reprenant son design original. Cette réédition très attendue remet en lumière l’un des albums les plus importants de Ziad Rahbani et confirme sa place essentielle dans l’histoire de la musique arabe moderne.





