Siècle, le 4ème album de Superpoze, s’affirme comme la réunion de ce que le compositeur d’Opening, For We the Living et Nova Cardinale, par ailleurs producteur et interprète, travaille depuis dix ans, avec exigence et sensibilité. Une musique électronique percutante et mélancolique, où se confrontent instruments et machines, textures synthétiques, cordes et voix spectrales. Cela donne un disque de 8 morceaux amples et tranchants. Où la vie pulse, brûle et s’apaise.
Avec Siècle, le compositeur, interprète et producteur Superpoze, présente, en 8 morceaux électroniques, une traversée du temps qui passe. Où la vie pulse, brûle et s’apaise. Depuis plus de 10 ans, Superpoze (Gabriel Legeleux, né en 1992) explore, avec un esprit d’aventures, un monde à la fois grave et joueur, sensible et exigeant, où technique et vibrations se confondent. Si Opening, son premier disque (2015), annonçait une musique électronique percutante et mélancolique, Nova Cardinale, son dernier (2022), émanait d’une autre ambition : celle de réunir instruments baroques et textures synthétiques, faire dialoguer époques et genres. Ce quatrième album se présente, lui, comme la jonction entre ces différents gestes. En imaginant des rapports nouveaux entre les sons et les techniques de ces dix dernières années, Superpoze fait se frotter un lyrisme sans âge à un son électronique contemporain et incisif.
Avec Siècle, il propose un disque tranchant, où le beau se révèle brutalement.
Pour l’imaginer, Gabriel Legeleux a d’abord rassemblé des mélodies et des timbres qui l’obsédaient. Au piano, il a cherché des harmonies et, aux machines, traqué des textures. À partir de cette matière sonore, il a ensuite monté, collé et agrégé des fragments. Composé comme on mettrait en forme le chaos.
Le fil rouge de cet album ce sont ses rythmiques : enregistrées avec des boîtes à rythme – majoritairement une TR-909 -, aiguisées et droites, elles font marcher la musique au pas, permettant dès lors aux voix spectrales, aux arpèges de piano et autres basses synthétiques de s’aventurer librement, sans filet.
Cela donne une musique hantée : à la fois menaçante et percée de lumières. Les sons acoustiques et électroniques ne s’y hybrident pas tant qu’ils se répondent, se contredisent et entrent en conflit. Entre des colonnes massives de musique électronique, cordes, textures organiques et silences trouvent des espaces pour exister. Car dans ce disque, tout s’affronte.
Chaque partie apparaît comme une réaction, presque chimique, à celle qui lui précède.
Statues, qui ouvre l’opus, présente les piliers immuables des compositions de Superpoze : sonorités vibrantes, rythme imparable, collision entre instruments et machines. A sa suite, Obsession propose un motif qui se répète avec acharnement et grâce, quand Siècle, morceau cinématographique composé autour d’une ritournelle de piano, s’offre comme le cœur battant du disque. Vives et profondes, les musiques de ce disque aiguisent et enveloppent. On en sort comme d’une traversée, avec la Terre à l’horizon : ses scintillements, son calme et sa lumière. On en éprouve, dès lors, un genre d’apaisement nouveau – de ceux qui succèdent aux peurs affrontées. L’album Siècle s’affirme comme le souvenir ou l’anticipation de ce temps où nous aurons brûlé, de désir ou d’inquiétude, d’ardeur ou de colère. Ce temps n’est pas celui d’un monde imaginaire, mais c’est le nôtre, ici et maintenant. Il y a un monde dans le monde, où se dégèlent nos élans. Un monde musical où, comme l’arbre sur la pochette, nous nous serons embrasés.
10 ans ont passé depuis la sortie emblématique de son album « Recomposed by Max Richter : Vivaldi, The Four Seasons ». A cette occasion, le compositeur et pianiste germano-britannique néoclassique dévoile une toute nouvelle réinterpréation des « Quatre Saisons » de Vivaldi, dans un nouvel album qui sortira le 10 juin.
Second album du projet Model Alpha (Jonathan Fitoussi & Julie Freyri) . Une electronica instrumentale analogique qui puise ses influences aussi bien dans le Krautrock, dans la scène « modulaire », chez Kraftwerk, dans la musique serielle, ou encore l’electro minimale pour créer un très bel univers. Chaudement Recommandé !