Description
« Pour une fois, confie Avishai, le titre de l’album n’est pas celui d’une de mes compositions. Le fait que celle-là soit signée par CHICK COREA, l’une des rencontres les plus décisives de ma vie a beaucoup de sens pour moi. Rester toujours un enfant, c’est aussi le lot de beaucoup d’artistes. Ceux-là sont des chanceux. » Un titre, ETERNAL CHILD, rendu évident par son portrait à 4 ou 5 ans qui illustre la couverture de l’album. Ces yeux ! Ce regard ! Exactement les mêmes, 50 ans plus tard. « Ce que je remarque dans cette photo, c’est l’émerveillement dans mes yeux. J’étais un enfant rêveur. J’adorais la nature. Aujourd’hui je reste fasciné par elle, par la musique et par tout ce qui est magique. Et puis dans ces yeux d’enfant je vois déjà la gourmandise de la vie, du jeu et un appétit pour la curiosité. »
Un trio juvénile : ITAY SIMHOVICH, le pianiste, vient de fêter ses 22 ans, et EVIATAR SLIVNIK, le batteur a 30 ans. Ce qui frappe d’emblée, c’est un évident retour au jazz, de la part d’Avishai Cohen. Il l’assume et le revendique. « C’est l’album le plus jazz que j’ai réalisé jusqu’à présent. Ce n’était pas intentionnel, mais ça a beaucoup à voir avec la personnalité des musiciens. ITAY SIMHOVICH, EVIATAR SLIVNIK – et JEFF BALLARD – sont profondément ancrés dans la
tradition. Ils ont beau être de la jeune génération, c’est leur ADN. Ils sont marqués par l’univers de Miles Davis, celui des Jazz Messengers ou des trios de Bill Evans et Ahmad Jamal. Mais en même temps que cette couleur jazz assumée, on peut entendre la continuité de mon propre univers. J’aime bien que la cohérence coule de source. »
La « surprise sur le gâteau », c’est la présence d’un second batteur, JEFF BALLARD. « Je voulais avoir le choix entre JEFF et EVIATAR, sans que ce soit prédéterminé à l’avance. Ça s’est fait au fil des prises en studio. JEFF nous a rejoint le troisième jour. Sur SLIV EL, le trio a démarré avec EVIATAR et on finit en duo, JEFF à la batterie et moi au piano. J’avais imaginé retrouver les deux batteurs à au moins une occasion, histoire de bousculer les habitudes. Et puis c’était une manière de se souvenir qu’au tout début de notre histoire commune avec JEFF, après que je l’ai présenté à CHICK, nous répétions en duo dans son appartement de Brooklyn. Il avait un Fender Rhodes chez lui et je lui faisais ainsi découvrir mes compos. »
Les dix compositions de l’album ont un point commun : chacune correspond à une personne de l’entourage d’Avishai, ou à une histoire intime avec lui… SIMCHOVER est bien sûr dédié à ITAY SIMHOVICH. Même chose avec SLIV EL, pour EVIATAR SLIVNIK. EL BAZITA, c’est le petit nom affectueux de la compagne d’Avishai, tiré de son nom de famille. MY BRUES n’a rien à voir avec des brues puisque qu’il n’a pas de belles-filles, c’est juste un jeu de mot sur la manière dont son cher public japonais prononce « blues » et ça lui est dédié. Dans TONIGHT, il évoque l’univers de Wayne Shorter et Lee Morgan au sein des Jazz Messengers. MR GOOD SIR est dédié à celui qui accompagne Avishai depuis bientôt 25 ans, son manager RAY JEFFORD. HUMBLY YOURS est un clin d’œil pour les personnes qui peuvent projeter leurs propres pensées dans les silences de la compo. Pour LOOKIE, c’est un jeu de mots, parti de « cookie », juste pour le plaisir de la sonorité. ETERNAL CHILD a été composé par CHICK COREA, très influencé par la musique classique, comme un écho des Fugues de Bach. C’est la seule reprise de l’album. Enfin, CLOSURE est une ponctuation ouverte, à la fois conclusion et départ vers autre chose. Soit dix variations, sous les rayons d’un jazz solaire, autour de deux fondamentaux d’Avishai Cohen, le groove et la mélodie.




