Description
Avec Evy Danse, troisième album rayonnant, Sonny Troupé ne clôt pas seulement un triptyque, mais une quête : celle-là même entamée avec son quartet en 2013 sur Voyages et rêves et poursuivie en 2017 par Reflets Denses. Voire bien auparavant, puisque le fils du saxophoniste Georges Troupé, national hero guadeloupéen, baigne depuis la naissance dans le foisonnement culturel et politique du gwo ka modèn, et de ses questionnements intrinsèques : comment écrire cette musique traditionnelle, éminemment moderne, mais née dans un contexte d’oralité ?
Comment rester fidèle aux anciens, honorer la tradition, tout en convoquant d’autres instruments ? Le Sonny Troupé Quartet, c’est d’abord une histoire de « moun ki enmé yo », de gens qui s’aiment, dit Troupé. Une histoire qui a commencé de l’autre côté de l’Atlantique, mais tout en continuant de convoquer la Caraïbe. À Paris, Sonny Troupé expérimente au côté de ceux qui, avec lui, contribuent à façonner la scène jazz actuelle.
Voyages et Rêves réunissait le pianiste Grégory Privat, les batteurs et tambouyés Arnaud Dolmen et Olivier Juste, mais aussi le bassiste Mike Armoogum, rejoints sur le deuxième opus par le pianiste Jonathan Jurion et, plus tard sur la tournée, par Andy Berald, également tambouyé. Des gens avec qui il aime jouer, et qui, eux aussi, s’intéressent au travail de Gérard Lockel, plume d’essais majeurs sur le gwo ka modèn.
Biberonné, vie oblige, à l’école du gwo ka, Sonny Troupé bénéficie aussi d’une formation classique puisqu’il a étudié au Conservatoire de Toulouse en parallèle de l’école de batterie Dante Agostini. Un apprentissage qu’il convoque pour ce troisième opus, pour lequel il s’est posé un défi, celui d’écrire pour un quatuor à cordes, formation phare de la musique classique.
Le tambouyé savait que cette expérience de l’écriture pour cordes serait menée aux côtés du violoncelliste Guillaume Latil, avec qui il a déjà collaboré de nombreuses fois et qui monte le quatuor. A la lecture des partitions, Latil identifie de potentielles difficultés, pour ne finalement rien changer.
Grande satisfaction pour Sonny Troupé, qui confirme une intuition qui a guidé ce troisième album où son sens de la polyrythmie se déploie avec maestria.





