Description
Révélé au crépuscule des années 2010 avec un EP aux racines rockabilly (Burning House, 2018), Howlin’ Jaws n’a depuis cessé d’affiner son savoir-faire tout en laissant vaguer son imaginaire. Une première escapade londonienne aux Toe Rag Studios de Liam Watson (à qui l’on doit, entre autres, l’indémodable Elephant des White Stripes) donnera naissance au flamboyant Strange Effect (2021), festin garage pop capturé sur bandes. À peine deux ans plus tard, toujours sous la houlette du savant fou britannique, les trois amis d’enfance accoucheront du kaléidoscopique Half Asleep Half Awake (2023), sophomore onirique constellé d’influences orientales. Un sans-faute pour ces jeunes promesses de l’écurie indépendante française Bellevue Music (Gaspard Royant, Armant Méliès, The Spitfires…). À l’arrivée, ce nouvel album Living The Dream cristallise à peu près tout ce que l’on fantasmait un jour d’entendre chez Howlin’ Jaws. Ses songes s’emparent ici plus que jamais de refrains fédérateurs, métamorphosant le deuil (« Troubled Mind ») ou la séparation (« Do What You Gonna Do », « So Sorry ») en authentiques sursauts d’espoir. Généreux en assaisonnements (omnichord et mellotron se glissent respectivement sur l’envoûtant « Miss You » et le crépusculaire « Up On The Roof ») et en dérision (en tête, le mordant « Living The Dream »), le onze-titres l’est aussi dans la diversité de ses influences. Le disco plane sur « Terminal Buzz », la country s’infiltre sur « Sunset Laundromat », tandis que le fougueux « Maximum Speed » rappelle avec joie les envolées hallucinées de King Gizzard & The Lizard Wizard. Épatant dans l’urgence, le trio l’est tout autant lorsqu’il relâche le tempo. Derrière ses nappes de claviers cosmiques, « Time Has Come » plante de suite le décor et invite subtilement à l’introspection. Tel un écho en fin de parcours, « That Kind of Pain » tutoie, lui, les astres de la « French Touch » (école Air), laissant jaillir les cordes de l’Orchestre Philharmonique de Stockholm entre ses houles mélancoliques. Tout compte fait, qu’il mijote ses disques façon omelette ou bœuf bourguignon, Howlin’ Jaws prouve qu’il ne manque jamais d’imagination.



