Description
ape du punk funk, personnage controversé et excessif, Rick James reste un des plus excitant bad boy que la maison funk, et plus particulièrement que la Motown nous ai permis de découvrir. Né d’un père définitivement inscrit au registre des abonnés absents et d’une mère, ex danseuse, en charge d’une loterie clandestine pour le compte de la mafia, si l’environnement immédiat du jeune Rick ne plaide pas en la faveur d’une possible réussite dans les années à venir, c’est bien mal connaître le potentiel du phénomène. Après quelques errances volontaires – désertion, exiles canadien et européen qui lui permirent de s’aguerrir musicalement – c’est finalement en 1978, après la résolution de ses problèmes militaires que Berry Gordy lui donne sa chance.
Sexe, paillettes et style vestimentaire provocateur. Si en quelques albums audacieux, le ton est donné au niveau de l’attitude, question musique le succès est également au rendez-vous. Réussissant le tour de force de faire cohabiter des éléments empruntant autant au funk psychédélique de George Clinton, qu’à l’esprit rock de Sly and The Family Stone, comme à l’énergie punk du moment, Rick James devient rapidement l’une des valeurs sûres de la musique afro-américaine des années 80. Valeur sûre, c’est bien. Porte parole de la grande académie du funk, c’est mieux. Aussi, James Ambroise Johnson Jr ne s’interdit rien, ne se refuse rien et, épaulé par le Stone City Band, s’invite sur tous les dance floor du monde en sortant Street Songs en 1981.
Sur le plan artistique, ce disque est une célébration, la rencontre d’un artiste avec l’air du temps, un aboutissement, une marque déposée. Toujours aussi surprenant par son impact indéniable sur la scène actuelle en matière de samples, Street Songs est avant tout une sound machine complètement atypique qui se démarque d’un titre à l’autre par une réelle créativité. Si les hits y sont nombreux avec l’irrésistible Super Freak, Give It To Me Baby et Ghetto Life, entres autres. La polémique avec Mr Policeman, sur lequel l’harmonica de Stevie Wonder fait ses gammes, ainsi que le piment de la provocation ne sont jamais loin. Idéalement mis en valeur par la basse altruiste au groove irrésistible de Rick James, la fusion funk rock prend ici toute sa dimension.
En brisant nombre de tabous, tout en affichant un choix de vie hors du commun, voire répréhensible, Rick James ne réussira cependant jamais à reproduire l’événement que suscita la sortie de ces Street Songs et ce, malgré l’excellent Cold Blooded paru en 1983.
Mister Super Freak a définitivement tiré son irrévérence en 2004. Espérons qu’il existe des dance floor au paradis.




