Description
Enorme succès (l’album est à ce jour disque de diamant), The Stranger fit une star de Billy Joel et reste aujourd’hui son album de référence. Il est vrai que la moitié de celui-ci est constitué de titres qui sont devenus des incontournables de son répertoire.
Malgré le succès d’estime des albums Piano Man et Turnstiles ainsi que des singles qui en avaient découlé, la carrière de Billy Joel peine à prendre son envol et ce malgré un talent de compositeur indiscutable. Columbia Records envisage de se débarrasser de ce chanteur qui n’arrive pas à trouver son public (sans songer que c’était peut-être leur manière de le vendre qui était en cause) mais lui donne tout de même une dernière chance en lui proposant de travailler avec le producteur Phil Ramone. Ancien enfant prodige, Ramone n’a strictement rien à voir avec le groupe Punk dont les membres utilisent le même patronyme. On pourrait même dire qu’il en est leur anti-thèse. Avec une solide carrière derrière lui déjà, il vient en plus de remporter un Grammy de meilleur producteur suite à son travail sur le Still Crazy After All These Years de Paul Simon. Entre Joel et Ramone va se naître une de ses relations entre artiste et producteur qui font la légende (les Beatles et George Martin, Tom Petty et Jimmy Iovine… etc). L’autre élément fort de ce qui sera le cinquième album du chanteur, c’est l’utilisation de son tout nouveau groupe live à la place des musiciens de studio qu’on lui imposait jusqu’alors. Avec un excellent producteur et un groupe qui lui convient, les compositions vont être transcendées, faisant de The Stranger l’album de la révélation.
Dès « Movin’ Out (Anthony’s Song)» le ton est donné. Nous sommes en présence d’un grand disque et d’un artiste capable d’écrire des chansons qui vont au delà de la simple accroche nécessaire pour passer à la radio. Il y a l’originalité d’une mélodie qui retient pourtant tout de suite l’intention ainsi qu’une capacité à raconter non sans charme des histoires qui croquent la vie quotidienne. Bref, on retrouve là des forces rappelant, avec un côté forcement plus américain qu’anglais, le duo Elton John-Bernie Taupin. Les sifflements introductifs de « The Stranger » cachent un titre Soft Rock un brin funky plutôt séduisant. On clairement dans un Rock plus BCBG que rebelle, mais la qualité est telle que ça n’a aucune importance. Ballade très moelleuse (augmentée par l’utilisation d’un piano électrique et d’un saxo ponctuel), « Just The Way You Are » sent quand même un peu trop l’aftershave. D’ailleurs Billy Joel était plutôt réticent d’inclure une chanson si sucrée à l’album. Plus confiant, Phil Ramone le convainquit que ce serait le genre de titre qui feraient décoller les ventes de l’album. La suite lui donna raison. Parfaite rêverie pour la ménagère américaine moyenne, le titre allait monter jusqu’à la troisième place des charts, battant à plates coutures « Piano Man », jusqu’alors plus gros succès du chanteur.
Inspiré par le medley de la seconde face d’Abbey Road des Beatles, « Scènes From An Italian Restaurant » mélange plusieurs chansons inachevées pour devenir une oeuvre à tiroirs, un mini-film, une sorte de comédie dramatique sur fond new-yorkais à la Barefoot In The Park. On passe du slow mélancolique à une musique joyeuse jazzy puis à du Pop/Rock enlevée avant de terminer en Pop symphonique, le tout dominé par le piano de Joel (qui a une maîtrise incontestable de l’instrument). « Vienna » est une quasi ballade très fort dans l’esprit que ce qu’aurait pu en faire Elton (une influence incontestable de Billy Joel). L’entrainant « Only The Good Die Young », aux paroles gentiment coquines, est sans aucun doute l’un des meilleurs titres de l’album. Difficile d’imaginer qu’au départ il était influencé par le Reggae. Heureusement Joel accélèrera le rythme vers un Rock ’n’ Roll 60’s à la demande de son batteur. Bien qu’une jolie ballade, moins sirupeuse que « Just The Way You Are », j’avoue que « She’s Always A Woman To Me » ne m’a pas marqué plus que ça. J’ai été plus séduit par le Pop/Rock « Get It Right The First Time » au rythme groovy qui n’est pas sans rappeler le Stevie Wonder des 70’s (probablement une autre influence importante de Billy Joel). La ballade Soul « Everybody Has A Dream » termine de manière efficace mais sans grand éclat malgré ses choeurs Gospel un album qui allait s’inscrire dans le patrimoine de la musique populaire américaine.
Titres:
1. Movin’ Out (Anthony’s Song)
2. The Stranger
3. Just The Way You Are
4. Scenes From An Italian Restaurant
5. Vienna
6. Only The Good Die Young
7. She’s Always A Woman
8. Get It Right The First Time
9. Everybody Has A Dream
Musiciens:
Billy Joel: Chant, claviers
Doug Stegmeyer: Basse
Richie Cannata: Orgue, saxophone, flute, clarinette, tuba
Liberty DeVitto: Batterie
+
Hiram Bullock: Guitare
Steve Khan: Guitare
Hugh McCracken: Guitare
Steve Burgh: Guitare
Production: Phil Ramone





